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The dirty cinema

The dirty cinema

Sale comme sauvage. Sale comme sexy. Voici une caverne entièrement dédiée aux films de genre, aux déflagrations pelliculées, aux péloches cramées, aux bisseries qui tâchent. Moteur.

Publié le par Dirty Max 666
Publié dans : #EPOUVANTE OLD SCHOOL

 

LES VIERGES DE LA PLEINE LUNE

(Il plenilunio delle vergini)

de Paolo Solvay

Italie - 1973

Starring : Rosalba Neri, Mark Damon &

Esmeralda Barros

DU SANG POUR ROSALBA

L'heure n'est plus au fantastique gothique lorsque Les vierges de la pleine lune déboule dans les salles italiennes. Au début des seventies, le genre connaît pourtant un regain d'intérêt avec quelques titres comme Lady Frankenstein, cette obsédée sexuelle (déjà animé par Rosalba Neri) ou encore Les démons sexuels (déjà squatté par Mark Damon). Citons aussi le Nue pour Satan pondu par un certain Luigi Batzella. Un gus également connu sous le nom de Gigi Batzella, A.M. Frank, Paul Hamus, Dean Jones, Ivan Katansky, Paul Selway ou encore...Paolo Solvay ! Un réalisateur aux multiples pseudos dont la filmo compte bien moins de réussite. Parmi ses perlouzes se cachent des westerns fauchés (Pour Django les salauds ont un prix, Le colt était son dieu), un nazisploitation croquignolet (La bestia in calore aka Holocauste Nazi) et un "decamérotique" qui a néanmoins le mérite d'être également fréquenté par le duo Neri/Damon (Confessioni segrete di un convento di clausura). Les vierges de la pleine lune peut alors être considéré comme le meilleur long métrage de Luigi Batzella. Ou Paolo Solvay, je sais plus moi.

L'archéologue Karl Schiller (Mark Damon, et non pas Matt Damon) est obsédé par l'anneau mythique des Nibelungen. Cet Indiana Jones avant l'heure finit par retrouver la trace de la bagouze magique. Elle serait planquée en Transylvanie, chez le comte Dracula ! Au courant de la lubie de son frère jumeau, Franz Schiller (Mark Damon, logique) devance son frangin en loucedé et se rend seul sur les lieux. Une fois arrivé au château, il est accueilli par la veuve de Vlad l'empaleur, la comtesse Dolingen de Vries (Rosalba Neri). Une femme étrange, magnétique et surtout démoniaque. Ce que Karl et Franz ne savent pas, c'est qu'elle projette de sacrifier cinq vierges lors de la prochaine pleine lune... Le script du film de Solvay se distingue par un métissage propre au Bis. Légende germanique, vampirisme, magie noire : ce mélange réjouissant apporte un peu de folie à une trame somme toute assez classique. N'oublions pas les similitudes entre Elizabeth Bathory et Dolingen de Vries, deux aristos accros aux bains sanglants. Ce rapprochement se concrétise avec la scène culte de Les vierges de la pleine lune. Celle où la succube Rosalba se badigeonne d'hémoglobine dans son tombeau et en ressort à oilpé, caressée par la brume. Un grand moment de poésie macabre et sensuelle, l'union parfaite du sexe et de la mort. Eros et Thanatos ont bien raison de se disputer les faveurs de la miss Neri...

Pour en rajouter dans la partouze des genres, la musique trépidante de Vasili Kojucharov donne à l'ensemble un rythme de film d'aventure. Car on ne s'ennuie jamais chez Paolo Solvay. Le dynamisme visuel insufflé par le directeur de la photo Aristide Massaccesi (alias Joe D'Amato) n'y est pas non plus étranger. Le futur réalisateur d'Anthropophagous aurait - selon la rumeur - carrément mis en scène une bonne partie du long métrage. Probable au regard du résultat, tant le talentueux technicien livre ici un job efficace, variant avec aisance angles de prise de vue et valeurs de plan (voir aussi son travail sur le western comique Méfie-toi Ben, Charlie veut ta peau ou le polar avec Edwige Fenech L'homme aux nerfs d'acier). Si Les vierges de la pleine lune est une péloche gothique aussi agréable à l'œil qu'une prod Hammer, c'est certainement grâce au regretté Massaccesi. Et aussi parce qu'il a été shooté dans un authentique château, celui de Balsorano en Italie, lieu de tournage d'une palanquée d'autres bandes horrifiques comme le fameux Vierges pour le bourreau.

Malgré tout, quelques fragrances cheapos subsistent. Budget limité oblige, une chauve-souris en gros plan est censée nous faire croire à son gigantisme, tandis que le serviteur vampire incarné par Xiro Papas se révèle aussi empoté que le Tor Johnson de Plan 9 from outer space. Mais rien de bien vilain en somme. Car il suffit de poser les yeux sur la grande Rosalba Neri pour comprendre que nous ne sommes pas dans un Z qui sent les dessous-de-bras. On ne peut fasciner l'assistance, la rendre béate d'admiration et jouer dans un nanar. Mais avouons tout de même que sans son actrice principale, Il plenilunio delle vergini ne serait pas aussi attractif. Le spectateur se laisse hypnotiser par la partenaire d'Edwige Fenech (encore) dans Top sensation. Sa comtesse Dolingen de Vries est une goule satanique capable de faire monter la température de l'Enfer... Cerise sur le gâteau : le dvd de chez Artus Films (les gars, je vous aime) contient en bonus, un entretien récent avec une Rosalba Neri aussi exquise qu'avenante. Le temps semble n'avoir eu aucune emprise sur le charisme et la beauté de la cultissime comédienne. Les vampires sont-ils vraiment une légende ?  

Les vierges de la pleine lune : quand Rosalba Neri se prend pour la comtesse Bathory. Des images qui justifient à elles seules l'amour du cinéma Bis...
Les vierges de la pleine lune : quand Rosalba Neri se prend pour la comtesse Bathory. Des images qui justifient à elles seules l'amour du cinéma Bis...
Les vierges de la pleine lune : quand Rosalba Neri se prend pour la comtesse Bathory. Des images qui justifient à elles seules l'amour du cinéma Bis...
Les vierges de la pleine lune : quand Rosalba Neri se prend pour la comtesse Bathory. Des images qui justifient à elles seules l'amour du cinéma Bis...

Les vierges de la pleine lune : quand Rosalba Neri se prend pour la comtesse Bathory. Des images qui justifient à elles seules l'amour du cinéma Bis...

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Ranx Ze Vox 10/06/2014 09:55

Ah, voila de quoi me mettre sous la dent un petit plaisir encore inconnu jusque là. Elles ne doivent pas rester vierges très longtemps au vu de la bande annonce ces charmantes damoiselles.
Hugo Spanky

Dirty Max 666 10/06/2014 14:13

Salut Hugo ! En effet, les vierges de la pleine lune sont convoitées aussi bien pour leur sang que pour leur corps...En tout cas, le film de Paolo Solvay est un véritable petit plaisir à se mettre sous la dent, comme tu le dis si bien !

Rigs Mordo 09/06/2014 16:05

Magnifique chronique, je l'ajoute à la liste des films que je dois chopper un de ces quatre. A te lire, il y a un petit coté "Le vampire et le sang des vierges" en plus érotique, ce qui me convient parfaitement ah ah! Et puis ce fameux château, qu'on a effectivement vu régulièrement (je me demande si Joe d'Amato y est pas retourné pour tourner du porno dans les années 90 en plus), c'est un peu comme les jardins de Bomarzo qu'on a vu assez souvent aussi, ça fait partie du paysage. Heureusement qu'il y a Artus, Artuuuuuus! Excellent travail en tout cas, ça fait plaisir de te relire et te retrouver en grande forme mon ami !

Rigs Mordo 09/06/2014 17:36

Merci pour tes éclairages, je tenterai donc Sabotage ! Et de ton avis pour La Sentinelle! Bonne soirée à toi aussi!

Dirty Max 666 09/06/2014 17:26

J'ai bien aimé "La sentinelle des maudits", le seul film fantastique du grand Michael Winner. Au premier abord, on pense voir une œuvre placée sous l'influence démoniaque de "Rosemary's baby". Et puis finalement, on oublie vite le classique de Polanski. "La sentinelle des maudits" est assez surprenant avec un script contenant pas mal d'idées perverses et singulières (le climax est carrément dérangeant, sorte de croisement infernal entre Fulci et Jodorowsky !). En ce qui concerne le sous-estimé "Sabotage", le film fera certainement partie de mon top ten de 2014. Pour sa noirceur inhabituelle, sa violence décomplexée et son esprit situé en marge des modes actuelles. Si le scénario n'est pas exempt de défaut, le dernier Schwarzy en a suffisamment sous le capot pour plaire aux fans du chêne autrichien (l'épilogue est aussi sublime qu'inattendu). Et surtout, que ta soirée soit belle ! À bientôt amigo.

Rigs Mordo 09/06/2014 16:55

L'hôtel Overlook, parait que les portes des salles de bains sont amochées... Je te renvoie les compliments que tu me fais, tu es un modèle d'écriture pour moi, tu as un don pour recréer une atmosphère avec tes mots, on est vite plongé dans l'ambiance gothique des films que tu décris.
Ah ben j'ai vu La Sentinelle des Maudits il y a quelques mois, j'ai la chronique de prête depuis ce temps-là mais je n'ai jamais trouvé l'occasion de la poster. Je serais ravi de connaître ton avis sur Sabotage, surtout toi qui a adoré Le Dernier Rempart!
En tout cas, je te souhaite un excellent retour et je suis ravi de voir que ton angoisse de la page blanche s'est envolée !

Dirty Max 666 09/06/2014 16:40

Merci infiniment pour tes encouragements, Rigs ! Tes commentaires sont pour moi un véritable moteur et ton site, un modèle à suivre. J'ai effectivement fait une petite pause ces derniers temps, j'ai traversé une sorte d'angoisse de la page blanche. Pourtant, j'en ai vu de la péloche ("Sabotage", "L'œil du malin", "La sentinelle des maudits", "Horreurs nazies", "Sous les jupes des filles"). Mais un bref séjour à l'hôtel Overlook m'a reboosté les synapses ! The dirty cinema rises again ! Sinon, ton rapprochement avec "Le vampire et le sang des vierges" est assez pertinent dans le sens où il partage avec "Les vierges de la pleine lune" une atmosphère parfois onirique et cauchemardesque (je me souviens avoir vu le film d'Harald Reinl sur Arte, il y a quelques années). Mais le Solvay est bien plus érotique, oui (ah Rosalba...).