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The dirty cinema

The dirty cinema

Sale comme sauvage. Sale comme sexy. Voici une caverne entièrement dédiée aux films de genre, aux déflagrations pelliculées, aux péloches cramées, aux bisseries qui tâchent. Moteur.

Publié le par Dirty Max 666
Publié dans : #BLOODY HORROR

Les tronçonneuses utilisées dans le film sont réelles et dangereuses ! Elles sont manipulées par des professionnels. L'équipe du film vous recommande de ne pas reproduire ces scènes à la maison. Surtout si vous êtes nu et sur le point d'entamer une partie de jambes en l'air. J'ai la conscience tranquille,

Fred Olen Ray

 

HOLLYWOOD CHAINSAW HOOKERS

de Fred Olen Ray

États-Unis - 1988

Starring : Linnea Quigley, Michelle Bauer &

Gunnar Hansen

CHEZ FREDO, Y A TOUT CE QU'IL FAUT !

Des péripatéticiennes et des tronçonneuses. Il n'en faut pas plus à ce grand malade de Fred Olen Ray pour nous pondre un film. Il faut dire que la série B, qui plus est à tendance Z, autorise aisément les concepts les plus barges. Parfois, la folie, le cul et la tripaille suffisent à combler un manque évident de moyens. C'est le cas avec ce fameux Hollywood chainsaw hookers, une bisserie culte que Crocofilms - un nouvel éditeur made in France - vient de sortir sur support numérique. Le catalogue de cette société spécialisée dans les inédits du cinéma Bis, contient d'ailleurs un autre Fred Olen Ray : Evil toons (distribué chez nous en VHS sous le titre de Qui a peur du diable ?). Un Roger Rabbit déviant avec David Death race 2000 Carradine, Dick Gremlins Miller et Monique Emmanuelle 5 Gabrielle. Un délire qui assume son  "mauvais goût" dans la joie et la bonne humeur. Tout comme Hollywood chainsaw hookers dans lequel des prostituées psychopathes découpent leurs clients à la tronçonneuse. Pourquoi ? Parce qu'elles sont les disciples d'une secte adoratrice de la scie mécanique. Ces adeptes du charcutage de bidoche humaine sont emmenées par Mercedes (Michelle Bauer) et dirigées dans l'ombre par un mystérieux gourou (Gunnar Hansen). Un détective privé, Jack Chandler (Jay Richardson) est, quant à lui, chargé de retrouver une jeune fugueuse dénommée Samantha (Linnea Quigley). La petite vient justement de rejoindre nos meurtrières illuminées...

Bien entendu, avec un pitch pareil, mieux vaut ne pas se prendre trop au sérieux. Et ça, Fredo l'a bien compris. Ne pétant pas plus haut que son derche, Hollywood chainsaw hookers est une comédie gore et sexy consciente de ses effets et de son budget. Le film compense son manque de thune par un sens de l'humour et un second degré constants. Ici, c'est la déconne qui mène la danse. Il faut voir la Miss Bauer bâcher le portrait d'Elvis afin d'éviter que le sang de son "client" ne vienne tacher son idole ! Et pendant que Michelle ma belle découpe ce pauvre mec en rondelles, des techniciens cachés derrière la caméra l'aspergent d'hémoglobine ! Du bricolage approximatif qui tient plus du clin d'œil à Ed Wood qu'à une absence de professionnalisme. Autre source de poilade : les répliques. Surtout celles, pince-sans-rire, du limier pas très fin Jack Chandler. Une caricature de Mike Hammer qui ne rate jamais l'occasion d'en sortir une bonne ("Et qu'est-ce que vous faites ? Vous invoquez Black & Decker ?" ). Le nom du personnage est d'ailleurs un hommage au romancier Raymond Chandler, le maître du polar hard boiled. Une référence qui n'est pas anodine puisque la péloche de Fred Olen Ray emprunte au film noir sa voix off et ses flashbacks.  

Le réalisateur de Deep space aka L'invasion des cocons (une chasse à l'alien bien bourrine, jadis diffusée sur "La Cinq") prend visiblement son pied à donner vie à tout ce cirque nawakesque et grandguignolesque. Un plaisir communicatif même si Olen Ray n'a pas le génie trash ni la verve satirique d'un Frank Henenlotter, un artiste unique dont l'irrévérence confine au sublime (cf. Frankenhooker, une autre histoire de courtisane). Ce qui n'empêche nullement Hollywood chainsaw hookers de faire mouche avec son casting de scream queens mené par les géniales Michelle Bauer (ici créditée au générique en tant que Michelle McLellan) et Linnea Quigley (inoubliable punk zombifiée dans Le retour des morts-vivants). La première s'en donne à cœur joie en saucissonnant son prochain tandis que la seconde est irrésistible en fausse ingénue. Au cours du climax, les deux bricol' girls s'affrontent dans un duel à la tronçonneuse évoquant celui entre Dennis Hopper et Leatherface dans The Texas chainsaw massacre 2. À ce propos, il est amusant de noter que Gunnar Hansen, la "tronche de cuir" de 1974, participe lui aussi à l'aventure ! Aventure qui aurait due avoir une suite intitulée Student chainsaw nurses mais qui n'a malheureusement jamais vu le jour. Nul doute que Fredo nous aurait payé un autre classique de l'époque bénie des vidéo-clubs...

Pour nous consoler, Crocofilms propose en supplément le court-métrage de David Marchand, Lust murders. Un giallo de six minutes conçu comme une fausse bande-annonce et qui bénéficie de la présence de Silvia Collatina, la gamine de La maison près du cimetière (bombe fulcienne de 1981). L'auteur du Destin de Torelli distille une atmosphère malsaine et anxiogène qui culmine lors d'une scène de meurtre d'une sauvagerie inouïe (l'augmentation soudaine du volume sonore fait son petit effet !). Avec sa pellicule rayée (grindhouse style), son tueur déguisé en femme (on pense au Pulsions de De Palma) et son autostoppeuse au look hippie (Juliet Kennedy, si mimi qu'elle ferait fondre le cœur du Rutger Hauer d'Hitcher), Lust murders mérite d'être vu et défendu. À l'instar d'un François Gaillard (les bandulatoires Blackaria, Last caress et Die die my darling), David Marchand est un fanboy qui n'a pas hésité à "passer à l'acte", et ce malgré un chemin souvent semé d'embûches. On attend donc avec impatience le nouvel effort de Mister Marchand. Une version longue de Lust murders ?

L'adorable Linnea Quigley et sa "virgin dance of the double chainsaws". C'est pas dans la dernière palme d'or qu'on verrait ça !

L'adorable Linnea Quigley et sa "virgin dance of the double chainsaws". C'est pas dans la dernière palme d'or qu'on verrait ça !

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Roggy 23/07/2014 20:29

En tout cas, la photo du début est magnifique. On dirait qu'elle est en trois dimensions. A la fois féminin et masculin avec sa tronçonneuse à la Vibroboy :)

Dirty Max 666 25/07/2014 14:37

Salut mister Roggy ! Belle photo en effet. Michelle Bauer parvient à érotiser une tronçonneuse. Castorama devrait s'inspirer de ce genre d'exploit...

David M. 17/07/2014 23:22

merci pour les encouragements Dirty max ça me rassure beaucoup,en fait on va l'appeler "LUST MURDERS the movie"
le scénar est assez ambitieux et nous allons le proposer à des figures du cinéma fantastique US indpendants,ils étaient déjà au courant,ils ne laissera plus qu'a lire,je te tiendrai au courant comme avec Rigs,je vous remercie tous 2 vraiment

Dr FrankNfurter 16/07/2014 19:40

Ouh la ! Du lourd ! Sacré Fredo en effet !! Et c'est sans compter son obsession pour les bikinis ! ;-)

Quant à Evil Toons, je m'en étais déjà occupé en 2012 :

http://www.therockyhorrorcriticshow.com/2012/10/evil-toons-fred-olen-ray-1992.html

Dr FrankNfurter 17/07/2014 11:51

En tout cas, je note ce film ! A la lecture, ça donne envie et surtout ça apparait plus inspiré que cet Evil Toons :-)
Merci à Crocofilms donc !

Dirty Max 666 17/07/2014 10:07

Bien vu, Doc : le bikini est effectivement l'une des thématiques majeures de l'œuvre de Fred Olen Ray ! Et je vais de ce pas lire ta critique sur Evil toons. Merci pour le lien !

David M. 16/07/2014 15:40

et oui actuellement je travaille sur le long métrage le scénario est quasi fini il est très brutal et glauque sa scénariste profiler de métier à mis le paquet !

Dirty Max 666 16/07/2014 15:48

Vivement Lust murders 2, alors !

David M. 16/07/2014 15:11

merci beaucoup pour cette belle critique qui me fait chaud au coeur !
David M.

Dirty Max 666 16/07/2014 15:45

De rien, David ! Et félicitations pour ton court-métrage ! J'espère que tes projets vont tous se concrétiser et j'en profite pour t'adresser tous mes encouragements.