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The dirty cinema

The dirty cinema

Sale comme sauvage. Sale comme sexy. Voici une caverne entièrement dédiée aux films de genre, aux déflagrations pelliculées, aux péloches cramées, aux bisseries qui tâchent. Moteur.

Publié le par Dirty Max 666
Publié dans : #ACTRICE

 

EVA DANS TOUS SES ÉTATS

 

300 : LA NAISSANCE D'UN EMPIRE

de Noam Murro (2014) 

+

SIN CITY : J'AI TUÉ POUR ELLE

de Robert Rodriguez et Frank Miller (2014)

 

EVA GREEN : A DAME TO KILL FOR

Elle a du caractère. Du sang chaud coule dans ses artères. Attention à la brune. Elle ne compte pas pour des prunes. Surtout quand elle s'appelle Eva Green. Une actrice française qui ne s'est pas laissée couler dans le moule du cinéma hexagonal. La fille de Marlène Jobert n'est pas du genre à faire du camping avec Franck Dubosc, ni à demander à Patrick Bruel "Tu veux ou tu veux pas ?". Les (télé)films mous du bulbe et desséchés des roustons, très peu pour elle. Eva Green voit plus grand, rêve en cinémascope et veut séduire les plus belles chimères du 7ème art.

En 2003, l'étoile du soir livre son corps céleste et son âme délicate aux innocents de The dreamers de Bernardo Bertolucci. Cinéphilie, sexe et contestation se mêlent dans ce très beau drame érotique situé en plein Mai 68. Des (quasi)débuts remarquables pour une toute jeune comédienne qui n'a pas froid aux yeux. Eva ose, se donne à fond et transcende son personnage. Hollywood ne tarde pas à la courtiser.

En 2005, Sir Ridley Scott lui file le premier rôle féminin de son épopée médiévale, Kingdom of heaven (un film à voir absolument dans sa version director's cut). Un an plus tard, elle est la James Bond girl tragique de Casino royale, la meilleure aventure de 007 (du moins la plus audacieuse). Avec Diana Rigg dans Au service secret de sa majesté, Green est la seule nana parvenant à atteindre le palpitant du plus célèbre des barbouzes. Sa sensualité bouleversante n'y est sans doute pas étrangère...

Le fantastique aussi lui va à merveille, comme le prouve l'inédit Dark world (2008), conte gothico-science-fictionnel dans lequel elle brille dans un double rôle, dont celui d'une artiste maudite. Pour Tim Burton, elle joue les sorcières avides de vengeance dans Dark shadows (2012). Dans un registre plus comique, Eva s'éclate comme une folle et fait tourner la tête au vampire d'opérette incarné par Johnny Depp.

Majestueuse et incandescente, la comédienne crève aussi le petit écran dans les séries Camelot (très intéressante relecture du mythe arthurien dans laquelle elle campe une Morgane saisissante) et Penny Dreadful (show ultra bandant où les monstres "classiques" tourmentent l'Angleterre victorienne).

Cette année, l'astre Eva Green s'est définitivement imposée comme une figure incontournable du cinématographe. Outre 300 : la naissance d'un empire et Sin city : j'ai tué pour elle (je vous en cause juste après), la souveraine de nos rêves éveillés s'est distinguée dans The salvation, un western également fréquenté par le génial Mads Mikkelsen. Et depuis le 15 octobre dernier, elle hypnotise les salles françaises dans le White bird de Gregg Araki. Pas de doute, il faut désormais compter avec Eva Green.

EVA GREEN : A DAME TO KILL FOR

Dans 300 : la naissance d'un empire, Eva Green interprète un rôle à sa mesure, celui d'une conquérante et d'une diablesse : Artémise. Un nom à faire trembler les hommes. Une promesse de chaos. Une vengeance en marche... Dirigeant la flotte perse de Xerxès (Rodrigo Santoro), elle part se friter sur les eaux avec l'armée du général athénien, Thémistocle (Sullivan Stapleton)... Rassurez-vous, l'histoire du film de Noam Murro ne se limite pas à cette simple confrontation. Encore que le face-à-face Artémise/Thémistocle ne soit pas seulement d'ordre guerrier. Une certaine tension sexuelle s'invite parmi les deux antagonistes qui partagent la même attirance pour la chair et le sang (superbe séquence que celle des pourparlers se transformant en un ballet sensuel et brutal). Ce n'est d'ailleurs pas la seule bonne idée d'un script écrit entre autres par l'excellent Zack Snyder. Se déroulant avant, pendant et après le premier 300, cette naissance d'un empire se démarque du tout-venant - et de son prédécesseur - en compliquant un peu plus le concept de prequel et de sequel. Les origines du conflit entre les perses et les grecs nous sont dévoilées en préambule, tandis que le dernier acte se déroule après le 300 version 2006. Et au milieu, alors que le sparte Léonidas s'enfonce dans les Thermopyles, c'est en mer que la narration se focalise. Un choix plutôt payant qui donne lieu à un fabuleux "touché-coulé" (version antiquité), où la ruse l'emporte souvent sur la force.

Furieux et stylisé, le 300 original a instauré une charte graphique inédite dont l'influence s'est faite pas mal ressentir depuis (cf. Les immortels et la série Spartacus). Sans surprise, la Snyder's touch est ici reconvoquée pour dynamiser l'action. Ralentis percutants et geysers de sang semblent indissociables de l'univers créé par Frank Miller (rappelons que le comic book Xerxès n'est toujours pas sorti dans les bacs). Tout comme cet environnement numérique qui immerge le spectateur dans une dark fantasy épique et barbare. La naissance d'un empire n'a donc rien d'un cours d'histoire et se revendique comme le descendant moderne d'un genre pas encore enterré : le péplum. Gore et parfois démesuré, le spectacle est sans conteste à la hauteur de son sujet et ne renie jamais sa nature décomplexée. Quant à Sullivan Stapleton, s'il ne possède pas le charisme de Gerard Butler, il n'en est pas ridicule pour autant. Son personnage est par ailleurs bien différent de celui de Léonidas. Plus que le goût du combat, c'est l'idée d'une Grèce unifiée qui motive surtout Thémistocle. Un idéal politique qui se heurte au désir de vengeance d'Artémise, la gamine jadis brisée par les hellènes et l'esclave devenue reine. Toujours prête à noyer ses ennemis dans des lacs de sang impur, Eva Green impressionne en amazone cruelle, déterminée et vindicative. Au milieu du tumulte, elle danse avec la faucheuse, vise avec la pointe de sa flèche et achève avec son glaive. Telle Salomé avec la tête de Jean-Baptiste, Artémise/Eva embrasse la caboche de celui qu'elle vient de décapiter. Ou quand la caresse de l'absolu entraîne le sommeil éternel...

EVA GREEN : A DAME TO KILL FOR

Les visions du bédéaste Frank Miller sont encore une fois embrasées par Eva Green dans Sin City : j'ai tué pour elle. À tel point que la MPAA s'est offusquée en voyant les courbes affolantes de la belle sur l'une des affiches du film. Et dire qu'il existe encore des tartuffes et des peine-à-jouir pour se plaindre d'une paire de seins (autre anecdote à ce sujet : Facebook a temporairement fermé les comptes de Mad Movies et The Ecstasy Of Films à cause de quelques photos de poitrines dénudées...). Des conservateurs et des censeurs, la Green n'en a rien à foutre et n'a pas à avoir honte de son corps. Corps qui, dans ce second Sin City, porte le nom d'Ava Lord et fait perdre la raison à toute la gente masculine. À commencer par Dwight McCarthy (Josh Brolin), son ancien amant à qui elle demande un petit service : envoyer ad patres son richissime et brutal mari, Damien Lord (Marton Csokas). Bien que la miss Lord lui ait jadis fait des crasses, Dwight accepte la mission à ses risques et périls... De son côté, la stripteaseuse Nancy Callahan (Jessica Alba) rêve de venger la mort de son ange gardien, John Hartigan (Bruce Willis). Pour cela, elle faudrait qu'elle flingue le sénateur Roark (cette vieille ganache de Powers Extrême préjudice Boothe). Un politicard corrompu jusqu'à l'os, également défié au poker par le mystérieux Johnny (Joseph Gordon-Levitt)... Quant à Marv (l'inoxydable Mickey Rourke), il ne rechigne pas à donner un petit coup de main quand il s'agit de nettoyer la ville de ses ordures... À Sin City, a vaut la peine de mourir, ça vaut la peine de tuer, ça vaut la peine d’aller en Enfer. Amen."

On reproche souvent au premier Sin City d'être trop fidèle (comprendre servile et appliqué) au roman graphique de Miller. Pourtant, le long-métrage est peut-être bien le plus soigné de Robert Rodriguez, un cinéaste fréquemment taxé de désinvolte, de paresseux, voire de je-m'en-foutiste (ce qui n'est pas faux quand on songe au catastrophique Desperado 2). Si le bonhomme aborde parfois son métier en dilettante, il peut aussi taper dans le mille (n'oublions pas non plus les réussites jouissives et ultra Bis que sont Une nuit en enfer et Planète terreur). Même son récent Machete kills devient fun à force de se vautrer dans le cheap et le nawakesque. Pour sa seconde virée dans la ville du péché, Rodriguez place le spectateur en terrain connu et fusionne plus que jamais avec la BD qu'il adapte. Polar hard boiled en forme de délire expressionniste, A dame to kill for offre une expérience visuelle toujours aussi renversante. Même avec l'effet de surprise en moins, le plaisir demeure. Amoral comme le fric, dangereux comme le pouvoir, déviant comme l'amour, violent comme une bastos dans le crâne, sexy comme une nana en cuir tirant à la sulfateuse : Sin City 2, c'est tout ça à la fois et y refaire un petit tour ne se refuse pas. Surtout que le casting en profite pour se renouveler, notamment avec la présence au générique de la sculpturale Eva Green. Silhouette fantasmatique zébrée par les lumières de la nuit, la Vesper Lynd de Casino royale incarne ici une veuve noire aux yeux verts. Son pouvoir de séduction (et de manipulation) donne tout son sens au titre J'ai tué pour elle. Née pour ensorceler et dévorer les hommes, Ava/Eva est la femme fatale ultime. Les cinéphages érotomanes ont trouvé leur nouvelle déesse.

Que c'est beau une Eva Green avec un flingue...

Que c'est beau une Eva Green avec un flingue...

EVA GREEN : A DAME TO KILL FOR

LILLI CARATI (1956-2014)

Avec La prof du bahut (1976) et Ma copine de la fac (1977), Lilli Carati est devenue une icône de la comédie sexy à l'italienne. Mais pas seulement. Celle qui vient de nous quitter le 20 octobre dernier a également participé à des poliziotteschi (SOS jaguar, opération casse gueule, 1977) et s'est faite diriger par Fernando Di Leo (Avere vent'anni, 1978), Pasquale Festa Campanile (Il corpo della ragassa, 1979) ou encore Joe D'Amato (La retape, 1985). Les bisseux sont en deuil.

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Ornelune 04/04/2015 00:18

On en rajoute une couche sur l'actrice après avoir vu White bird. Elle a des rôles qui se ressemblent : diablesse oui, qui porte en elle une tension sexuelle oui, parfois traîtresse, sibylle, toujours venimeuse. Et dans ces rôles, maîtrisant ses excès... elle excelle.

Dirty Max 666 04/04/2015 16:02

Ah, je n'ai pas encore vu ce White bird mais j'imagine que la belle Eva s'y montre plus ensorcelante que jamais...Bien sûr, je partage tes impressions sur la comédienne qui - à chaque film - vole la lumière du monde pour briller de mille feux. Et merci pour ton commentaire, Ornelune !

Roggy 26/10/2014 10:46

Tu as pris ton temps mais l'attente valait le coup. Encore un très bel article magnifiant le talent et les courbes de la belle Eva Green, qui n'a décidément froid ni aux yeux ni ailleurs. Elle est la bonne surprise de "300", à la fois sensuelle et guerrière. C'est la star du film, et j'imagine qu'il en est de même pour "Sin City". Comme tu l'écris si bien, les bisseux ont trouvé une nouvelle égérie.

Dirty Max 666 26/10/2014 15:50

Salut Roggy ! J'ai eu un véritable coup de cœur pour Eva Green. Quand je l'ai vu bécoter cette tête coupée dans "300 : la naissance d'un empire", j'ai su qu'elle était faite pour moi. Dans "Sin City : j'ai tué pour elle", elle semble sortir directement des pages du comic book, fantasme de papier se transformant en déesse de chair et de sang. Merci à toi aussi pour tes encouragements, l'ami. Passe une soirée digne des aventures amoureuses de Robin des Bois !

Rigs Mordo 25/10/2014 21:40

Et bien quel bel hommage à une actrice que tu portes visiblement dans ton coeur (faut dire, quelle poitrine elle a!). T'as pas ton pareil pour parler des femmes, Max! Je n'ai pas vu ce second Sin City mais tu donnes envie de tenter le coup. Quant à la suite de 300, je n'en attendais rien et je me suis éclaté: c'est gore, c'est brutal, c'est bis même! Les italiens de la belle époque en seraient fiers! En tout cas, avec toi, l'attente en vaut la peine, super papier! (et en effet, les frustrés du nichon sont lourdingues sur Facebook, alors que ces messieurs laissent passer sectes, racisme et autres illégalités...)

Dirty Max 666 26/10/2014 14:29

Salut Rigs, je suis ravi que "La naissance d'un empire" t'ait plu ! Je m'attendais moi aussi à un film poussif et à l'arrivée ce fut une belle surprise. La générosité de ce second "300" nous renvoie - comme tu dis - aux péplums Bis de Cinecittà. Sinon, merci pour ton indéfectible soutien, il n'y a rien de plus réconfortant. Et bien entendu, je trouve moi aussi déplorable cette censure à deux vitesses qui sévit en ce moment sur Facebook...