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The dirty cinema

The dirty cinema

Sale comme sauvage. Sale comme sexy. Voici une caverne entièrement dédiée aux films de genre, aux déflagrations pelliculées, aux péloches cramées, aux bisseries qui tâchent. Moteur.

Publié le par Dirty Max 666
Publié dans : #BLAXPLOITATION

 

THE MUTHERS

de Cirio H. Santiago

Philippines - 1976

Starring : Jeannie Bell, Rosanne Katon

& Trina Parks

PIRATES DES PHILIPPINES

Pirates des temps modernes, Kelly (Jeannie Bell) et Anggie (Rosanne Katon), sont à la tête d'une bande de pillards. À bord du "Muthers", elles détroussent les environs et ne laissent rien à la concurrence. La petite entreprise ne connaît pas la crise jusqu'au jour où la frangine de Kelly disparaît sans laisser de traces. Un agent du département de la justice apprend à nos voleuses des mers que ladite frangine a été kidnappée et réduite en esclavage par Monteiro (Tony Carreon), le directeur d'une plantation de café. Kelly et Anggie s'infiltrent alors dans les lieux et font la connaissance de Marcie (Trina Parks), une autre détenue; et de Serena (Jayne Kennedy), détenue elle aussi mais semblant avoir les faveurs de Monteiro. Après avoir découvert qu'un trafic de femmes se cache derrière tout ce bordel, Kelly réalise qu'elle a peu de chance de retrouver sa sœur en vie... Après la rondelle de Dynamite Jackson, Le chat qui fume est allé déterrer avec ses petites papattes, une autre rareté qui filera la banane aux amateurs de cinoche d'exploitation. Invisible en France, The muthers pointe enfin le bout de son pif grâce à la truffe infaillible de l'éditeur montpelliérain. Peu importe que la copie soit quelque peu fatiguée (ce que nous précise le matou avant que le programme ne commence), ce petit défaut renforçant - sans le vouloir - l'aspect grindhouse du film. Les effets à la Planète terreur (rayures, drops) sont donc ici non simulés !

Non simulé est aussi le plaisir que l'on prend à suivre ces aventures exotiques. Choisir des flibustières comme héroïnes est plutôt original et promet un spectacle peu avare en péripéties. Et c'est le cas puisque The muthers est un film de pirates qui se transforme rapidement en WIP (pour Women In Prison), genre ayant plutôt bien réussi au producteur Roger Corman (Femmes en cages, 1971; The big doll house, 1971; The big bird cage, 1972 : trois péloches tournées aux Philippines avec la bombe Pam Grier). Dans le camp de travail du despote Monteiro personne ne s'échappe. Les malheureuses qui parviennent presque à s'évader sont rapidement retrouvées et pendues par les tifs jusqu'à ce que mort s'ensuive. Du sadisme qui se situe bien dans la tradition d'un genre qui ne se refuse jamais une touche de nudité (dans cet enfer de sueur et de douleur, Jeannie Bell mérite bien sa petite douche, non ?). La dernière bobine, qui met en scène la grande évasion tant espérée, est encore plus exaltante. Kelly, Anggie, Marcie et Serena se retrouvent en pleine jungle hostile (l'une d'entre elles a le droit à sa morsure de cobra), avec à leurs trousses l'infâme Monteiro et le non moins infâme Turko (un pirate rival et édenté). Notre quatuor est bientôt pris en sandwich dans une configuration rappelant le gunfight final de True romance (mais dans une version "plein air"). The muthers est donc une pépite explosive, comme le prouve également ce duel maritime voyant deux bateaux se foncer dessus tout en faisant rugir leur sulfateuse.

La particularité du film de Santiago reste son casting réunissant quatre starlettes de la blaxploitation. La meneuse, c'est Jeannie Bell. Une nana qui n'a peur de rien et se montre toujours à l'aise dans les rôles physiques. Comme dans Dynamite Jackson, la Bell aime foutre une raclée à ses adversaires (avec à la clé, de jolies cabrioles exécutées par une doublure) et montrer son avenante poitrine. Normal pour une ex-playmate du mois. Titre de gloire que partage aussi la mimi Rosanne Katon (numéro de septembre 1978), adorable lorsqu'elle manie la mitraillette et arrose tout sur son passage. J'ai hâte de la revoir dans Trois panthères au combat (Ebony... Ivory... and Jade !), le film faisant partie des prochaines sorties du Chat qui fume. Trina Parks est elle aussi une sacrée panthère. En 1971, elle joue les James Bond girls dans Les diamants sont éternels et quatre ans plus tard, domine la distribution de Darktown strutters, une comédie musicale funky également dispo chez notre éditeur préféré (dans la "soul cat collection" !). Quant à la très classe Jayne Kennedy, elle hérite du rôle le plus tragique, son regard désenchanté attirant autant l'attention que ses courbes féminines. À la ville, elle a été l'épouse de l'acteur Leon Isaac Kennedy, avec qui elle a partagé l'affiche du Samouraï noir (de l'incontournable Cirio H. Santiago) et de Body and soul. Jeannie, Rosanne, Trina et Jayne : plus que des femmes, des armes fatales.

Dans The muthers, ça baroude et ça mitraille ! Et en fin de journée, une petite douche s'impose...Dans The muthers, ça baroude et ça mitraille ! Et en fin de journée, une petite douche s'impose...
Dans The muthers, ça baroude et ça mitraille ! Et en fin de journée, une petite douche s'impose...Dans The muthers, ça baroude et ça mitraille ! Et en fin de journée, une petite douche s'impose...
Dans The muthers, ça baroude et ça mitraille ! Et en fin de journée, une petite douche s'impose...Dans The muthers, ça baroude et ça mitraille ! Et en fin de journée, une petite douche s'impose...

Dans The muthers, ça baroude et ça mitraille ! Et en fin de journée, une petite douche s'impose...

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Dreampunk 12/03/2015 19:02

De la Blaxploitation à la fois WIP et film de pirate ? Et aux Philipine en plus, pays de l'exploitation exploité par excellence ! Voilà une belle trouvaille !
J'avoue mon ignorance sur ce film, mais ta chronique me prouve qu'il est tout à fait dans mes cordes, entre action explosive d'époque, belles nanas et scènes "épiques". Tout au plus ai-je vraiment eu du mal à ne PAS imaginer Pam Grier dans le rôle, car cela évoque beaucoup certains de ses films, comme tu l'as dis.

Un peu surpris quand même qu'un éditeur choisissent une copie peu restauré à notre époque, surtout lorsque la mode est vraiment à la "transformant les perles de vidéo club en copie haute déf' ", mais l'effet rayures d'avant garde souvent un aspect nostalgique tout à fait en phase avec l’œuvre. Du coup je ne ronchonnerai pas !

Dirty Max 666 13/03/2015 16:14

Absolument, The muthers est un spectacle joyeusement Bis que je te recommande chaudement. Je t'imagine déjà en train d'en rédiger une chronique qui aura fière allure sur ton blog, L'Imaginarium ! Pour la copie du chat qui fume, rien de bien gênant. Le plus important, c'est de pouvoir enfin découvrir le film de Santiago. Merci pour ton commentaire, Monsieur Bizarre, et à bientôt !

Roggy 08/03/2015 21:00

Comme Rigs, je te félicite pour ta chronique d'un film que je ne connaissais pas du tout (pas de Pam à l'horizon...). Pourtant, ton billet donne sacrément envie, comme toujours ! Je ne suis pas un spécialiste du cinéma de Cirio H. Santiago, hormis le fabuleux "Striker" vu en double programme à la cinémathèque.

Dirty Max 666 09/03/2015 09:40

Salut Roggy et merci pour ton com' ! Si Pam Grier, la reine de la blax, ne promène pas sa silhouette pulpeuse dans The muthers, le film de Santiago se rattrape avec quatre donzelles franchement à la hauteur (Jeannie Bell, Rosanne Katon, Trina Parks, Jayne Kennedy : un quatuor mémorable !). Pour Stryker, j'espère qu'un éditeur le sortira un jour en dvd, histoire que je le découvre enfin...

Rigs Mordo 07/03/2015 15:05

Magnifique chronique, Max! Voilà encore un film bien tentant du chat qui fume, faudra que je jette un oeil sur leur stand à tout ça héhé Je suis d'accord avec toi concernant le fait qu'une pellicule vieillie sert plutôt bien les intérêts de ce genre de films, ça leur ajoute un peu plus d'âme. Tiens, je ne sais pas si tu es au courant, mais il existe un documentaire sur les films d'exploitation tourné aux Philippines, réalisé par le mec qui a fait Electric Boogaloo! Une sortie chez nous serait bienvenue aussi !

Dirty Max 666 08/03/2015 16:28

Merci Rigs ! Pas de doute, le catalogue du chat qui fume contient son lot de pépites à découvrir. Il faut d'ailleurs que je me penche sur ce fameux doc, si c'est du calibre d'Electric Boogaloo, le résultat ne peut qu'être jouissif !